La légende d’Albion.
Chapitre un : La coupe et le farfadet.
Jour Premier.
C’était une sombre journée de novembre. Le temps grisonnant aurait pu nous mettre la puce à l’oreille. Nous étions tous réunis pour disputer la coupe de Galle. Qui pouvait prévoir la catastrophe qui nous toucherait ? J’aurais peut être pu demander aux oracles un indice, mais à peine rentré de l’Orient, je me suis senti abattu, comme écrasé par le poids de la compétition.
Les Ecossais et les Irlandais se disputaient la domination de la terre de Galle : dix ans de mainmise sur le pays. Pas de trace des anglais, anciens vainqueurs. C’est la règle : on ne peut pas régner deux fois de suite. La première épreuve fut remportée par les Ecossais, la seconde aussi. Nous en étions à la fin de la première journée, quand la coupe fut volée. Bien sûr, il manquait quelqu’un à l’appel : le farfadet qui s’était présenté comme l’émissaire de l’Angleterre. Ne pouvant continuer les épreuves, nous avons décidé de le rechercher à l’aide de Viviane, ma chère fée.
" Quelles sont les caractéristiques du farfadet ? Il aime la musique, l’or et les filles. Vous devrez d’abord réunir deux éléments : un ruban doré et une serpe, qui me permettront de fabriquer ma potion… Qui a dit " A quoi ça sert ? ". Sans potion, on ne peut pas réveiller le talent artistique du gardien, voyons ! Sans musique, pas de farfadet ! ".
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à résoudre quelques énigmes et à exécuter des rites étranges pour retrouver les papiers que Viviane, toujours aussi drôle, ne voulait pas donner comme ça. Une fois les artefacts réunis, c’était le moment de dormir. L’inquiétude gagnait et tout le monde n’arrivait pas à dormir. Certains restants éveillés par peur d’une éventuelle attaque venue d’on ne sait où…
Jour Second.
Après une courte nuit, nous voilà partis pour retrouver ce traître. Rien ne semblait pouvoir arrêter les deux factions dans leur désir de remporter le trophée. Il fallut traverser une région proche de la Terre de Galle, afin d’obtenir l’incantation qui nous permettrait de convoquer le farfadet. La Terre de Galle est un pays verdoyant ou il fait bon vivre. Son seul défaut (aux yeux des colons, du moins), c’est qu’elle est aussi la Terre des Drows, cette engeance elfe qui voit d’un mauvais œil tout ce qui vient de l’extérieur. Je ne tiens pas à rentrer dans les détails, toujours est-il qu’une sale histoire de revendication, de succession, d’héritage et de tromperies est la cause de ce conflit qui oppose les Drows aux autres tribus d’Albion.
Les Drows, donc ! Ils bloquaient l’accès à la formule et, pour la première fois depuis longtemps, Anglais et Ecossais durent s’entraider. Finalement, les voir s’allier pour vaincre l’ennemi avait du bon. Je me suis surpris à espérer qu’ils ne retrouveraient jamais cette coupe… La bataille fut rude, mais il ne s’agissait que d’un avant poste peu fortifié. Les hommes revinrent avec le parchemin d’invocation. Il ne restait plus qu’à trouver un appât.
C’est la que notre chère Viviane eut une idée de génie : " Allez donc me fabriquer un leurre pour attirer ce pauvre crétin ! Ramenez moi des branches et des feuilles, nous les peindrons en or ! Cet idiot ne pourra résister aux attraits d’une fille en or massif, il aime déjà tant les deux séparés ! " Sitôt dit, sitôt fait. Les deux factions agirent comme un seul homme et la fille fut rapidement construite, saupoudrée d’or a souhait, et on obtient un chef d’œuvre. Pour l’anecdote, il fallait voir la tête de ces radins d’Ecossais quand ils ont du réduire leurs pièces en poudre !
Le rite fut célébré en fin d’après midi : le gardien but la potion surprise de Viviane. Après l’avoir recraché, celui-ci se mit a jouer du Djembé pendant que les hommes convoquaient le traître à l’aide de la formule. Ça ne pouvait pas manquer : le farfadet fut bientôt parmi nous ! Cerné de toutes part, il préféra, au lieu de tomber à genoux, éclater de rire en nous défiant :
" La coupe ? Mais je ne l’ai pas très chers ! "

