Le jour s'assombrissait déjà, et tous les membres du procès venaient d'arriver. Le soleil se
voilait d'une lueur effrayante, éclaboussant le ciel de sanglantes volutes. Baissant la tête, Mac Wallace attendait son jugement. Les débats avaient été houleux toute l'après midi, et la tension
était si palpable qu'on aurait pu l'attraper pour la retenir dans une boîte de fer.
Les différents membres de l'assemblée prirent la parole, chacun avec sa vision de la sentence :
certains voulaient appliquer la loi fermement, en vertu des lois druidiques, d'autres imploraient la démence de l'amour pour réduire la peine, d'autres voulaient juste voir le sang couler. C'est
après notre délibération que le drame eut lieu : considérant que Mac Wallace était sous le joug implacable de l'amour, nous trouvâmes justifié de dire qu'il ne mourrait pas, mais passerait quinze
longues années en exil avec sa femme et son enfant - si elle le désirait - à travailler pour la réparation de son crime. Cette déclaration ne plût pas à tout le monde, et un enragé tira sa dague
et tua le condamné. Aussitôt, Lady Di, brisée par la peine récupéra l'arme et, d'un geste tragique, mit fin à ses jours.
Cela se passa si vite... Impossible de faire quoique ce soit pour soigner les malheureux. C'est
peinés que les autres décidèrent d'instaurer une démocratie en terre d'Albion, qui aiderait à la satisfaction de chacun, sanctionnant les attitudes violentes, pour éviter à une tragédie pareille
de se reproduire. Mais déjà les ennuis arrivaient...
Une autre nation, mécontente de notre choix s'infiltra dans le château, afin de récupérer les
symboles du pouvoir, piller le pays et réinstaurer le totalitarisme dans nos terres. J'avoue avoir cru que notre république allait mourir avant même de naître, comme le malheureux fils de Mac
Wallace et Lady Di. Pourtant, Ecossais et Irlandais partirent à la reconquête du Manoir Des Jasmins, château royal, dans une unité qui me fit frémir, quand on pense que quelques jours plus tôts,
ils s'entre-déchiraient pour sa possession... La ferveur de nos guerriers fut telle que les ennemis furent bientôt chassés, et la démocratie proclamée dans toute la terre de Galle, puis dans
toute la terre d'Albion (les anglais, voyant la situation avaient décidé de procurer des armes aux guerriers et de les soutenirs dans leur quête).
C'est donc ainsi que se finit la légende d'Albion. On pourrait presque dire que tout est bien qui
finit bien, mais c'est dans la tristesse que s'est formé la république, et occulter cette partie de l'histoire serait manquer de décence envers nos regrettés Wallace et Di.
PS : Sans vouloir ternir le tableau, voici une autre raison de ne pas être satisfait a cent pour cent : non content de nous voler la vedette, cette crapule de Merlin
a trouvé le moyen de nous effacer de l'histoire ! Ceci est le dernier témoignage de notre existence, et j'espère qu'on ne l'oubliera pas !
- Jean-Claude, le druide